La chapelle de Baffie

La chapelle de Baffie

p1020077L’édifice actuel date en grande partie du XIIIe siècle. L’église reçoit alors de généreuses donations des comtes de Forez et sa renommée s’étend jusqu’ aux provinces voisines. L’on y vénère une Vierge noire, à laquelle on attribuait des guérisons miraculeuses au cours des siècles.

notre-dame-de-laval-interieur-001La Vierge fut l’objet d’une grande dévotion qui se manifestait par de nombreux pèlerinages isolés ou collectifs. A la suite d’un vœu, les habitants de Feurs venaient jadis en procession le lundi de pentecôte. Cette procession réunissait six cents personnes en 1599…

Restaurée et rouverte à la dévotion, la chapelle reste un lieu de pèlerinage dans un site rural, au bord de la rivière Aix.

La Bâtie d’Urfé

La Bâtie d’Urfé

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Le manoir de la Bâtie est habité au XVème siècle par la famille des seigneurs d’Urfé descendus de leur montagneuse forteresse des « Cornes d’Urfé », à Champoly, jusque dans la plaine du Forez, près de Boën. En 1408, le duc Louis II de Bourbon, nomme Guichard d’Urfé bailli de Forez, charge qui restera héréditaire plus de deux siècles. De 1546 à 1553, Claude d’Urfé (1501-1558), proche du roi, représente la France au Concile de Trente, est ambassadeur de Rome, puis reconstruit sa maison de la Bâtie. Dès 1535, par étapes successives, le château encore presque féodal, est transformé en une belle résidence à la mode de la Renaissance italienne.

Le fils aîné de Claude, Jacques Ier d’Urfé, chambellan du roi Henri II, marié à Renée de Savoie , aura, parmi neuf garçons, Honoré d’Urfé (1567-1625), auteur de l’Astrée, publiée de 1607 à 1628, en rendant célébré ce pays de Forez qui « en sa petitesse contient ce qui est le plus rare au reste des Gaules ». L’influence de ce premier romain dans la littérature française fut considérable au XVIIe siècle.

Les d’Urfé, vivant à Paris, s’éteignent ruinés à la veille de la révolution française. Le château vendu en 1765 passe de mains en mains. La famille Puy, qui prend le nom de la Bâtie, conserve le domaine jusqu’en 1836, où, ruinée à son tour, elle le cède au duc de Cadore (ministre de Napoléon Ier) dont les héritiers le revendent en 1872 à un marchand de biens qui démembre les domaines et dépouille la demeure de sa décoration, la laissant dans un abandon total durant plus de trente ans.

La Bâtie est rachetée en 1909 par la Société La Diana, qui le fait classer en 1912 monument historique ». Depuis un demi-siècle, de grands travaux de restauration ont été entrepris par la Société avec l’aide des Monuments Historiques. En 1990, une convention est passée avec le Département de la Loire, permettant le lancement d’un chantier très important, la reconstitution du parc, préludes d’une œuvre de longue haleine, pour rendre son lustre d’antan à cette magnifique demeure.

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Le 4 Janvier 2007 La Diana et le Conseil général modifient leur contention prévoyant la transmission de ce monument, La Diana ayant accompli sa mission, au Conseil Général qui l’exploite depuis le 1er janvier 2007. Le 1er janvier 2039 la propriété du château sera transmise à l’euro symbolique au Conseil Général. Toute fois la Diana reste propriétaire de la majeure partie du mobilier du château classé  » musée de France « .

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Lorsque Claude d’Urfé, aménagea son château dans le goût de la Renaissance, des artistes italiens créèrent ce chef-d’œuvre qu’est la chapelle : peintures et gypseries s’unissent en un décor merveilleux et inimitable.

A la mode italienne, le seigneur fit réaliser une salle de fraîcheur, dite de Rocailles, à l’intérieur d’ un bâtiment d’ habitation. Les ornements mythologiques en sont faits de petits galets, de coquillages et de sables de couleur.

Le château de Couzan

Le château de Couzan

Le château de Sail-sous-Couzan
Les premiers seigneurs de Couzan, les Damas, sont issus de la Maison de Semur qui possédait une partie de la Bourgogne, le Brionnais. C’est au XIème siècle que les Semur décident de s’implanter sur les bords du Lignon, à Couzan, un poste avancé aux confins de l’Empire et du Royaume de France.

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Dès le XIIIe siècle, l’hommage de la seigneurie de Couzan devint un enjeu et une cause de conflits tant la puissance des Damas était incontestée, même les Sires de Beaujeu échouèrent le siège de la forteresse. Guy II de Couzan, pour avoir vaillamment défendu Bourges contre les Anglais en 1356, puis à Riom en 1359, devint conseiller du Roi, et Maître d’Hôtel de Monseigneur le Roy en 1385 pour être nommé en 1402 grand Chambellan de France

Le château passa ensuite à la puissante famille de Lévis au milieu du XVe siècle, puis à la maison de Luzy au XVIIe siècle, enfin Thy de Milly à partir de la fin du XVIIIe siècle. En 1932, la Société La Diana l’acquiert pour y faire des réparations urgentes. Depuis 1995 de lourds travaux y sont entrepris, avec plusieurs chantiers de restauration et mise en valeur.

La salle héraldique de la Diana

La salle héraldique de la Diana

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Vers 1295, cette salle vient d’être édifiée par Jean Ier de Forez (1276-1333) arrière petit-fils de Guy IV. Sa première destination pense-t-on à la suite des historiens du 17e siècle, était de remplacer pour les fêtes et assemblées la salle du château de Sury-le-Comtal, peut-être à l’occasion du mariage de Jean Ier avec Alix de Viennois, fille du Dauphin.Les murs d’origine du monument sont en simple pisé de terre, matériau le plus commun des constructions de l’époque, permettant une exécution rapide et peu coûteuse.La décoration qui est la partie la mieux conservée et la plus curieuse par sa rareté, n’a peut-être pas été réalisée en même temps que le gros-oeuvre.

De longs ais divisent cette voûte en 48 bandes parallèles sur chacune desquelles est peint un écusson se répétant 36 fois ce qui donne un total assez impressionnant pour un observateur rapide de 1728 compartiments.Tout autour de la salle, à la naissance des voûtes court une frise ornée de 242 écussons entrelacés d’ animaux fantastiques. Ils représentent tous, à l’ exception des armes du Roi de France, Suzerain de Forez, et de son épouse, Jeanne de Navarre, des blasons des familles féodales, alliées des comtes de Forez ou leur rendant hommage pour des possessions situées en Forez.

Certains l’attribuant à Jeanne de Bourbon, comtesse de Forez, veuve de Guy VII, fils de Jean Ier, qui vivait vers 1350. Les difficultés de la France à ce moment cruel de la guerre de Cent-ans laissent cependant supposer que cela été fait avant cette date plus tardive. La salle mesure 19 mètres de long sur 8 mètres de hauteur et de largeur. Elle est un spécimen de ce que l’ on nomme l’ ogive en tiers point, engendrée par un triangle, dont les proportions entre la base et la hauteur sont entre elles, comme 4 et 2 et demi. Cette caractéristique, conforte la datation de la fin du 13e siècle où ce type d’ architecture est attesté.
Durant sa longue existence, cette salle a connu des destins variés. Jusqu’en 1531, soit plus de deux siècles, elle sert de salle de réunion des Etats de Forez, notamment en 1315 et 1358. En 1531, le Forez, déjà dans la mouvance des Bourbons, devient une province directe du Roi de France, à la suite de l’opportune confiscation des biens du Connétable de Bourbon par François 1er pour le punir de son alliance avec Charles-Quint. Le roi, qui est en même temps comte de Forez, y nomme un bailli en la personne de Claude d’Urfé, grand-père d’Honoré d’Urfé, auteur de l’Astrée, et possesseur du Château de la Bâtie d’Urfé.

C’est sans doute à cette époque que le bâtiment connu simplement sous le nom de « grande salle du Cloître » prit celui de la Diana, par contraction du mot « Decanis » ou « Doyenné ». La contagion et les guerres civiles n’empêchèrent pas les festivités, puisque la salle de la Diana vit en février 1588 la représentation d’une sorte de pièce de théâtre intitulée « La Pastorelle » écrite par le chanoine Loïs Papon, humaniste, célébrant une victoire des Ligueurs.

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Les Etats de Forez se réunissant rarement, bien que la nomination aux Etats généraux de 1614 des délégués du Comté s’y tint encore, le bâtiment sert le plus souvent à l’intronisation des chanoines.

La Révolution
L’ Histoire de ce cloître bascule en 1789, les chanoines sont spoliés de leurs biens qui sont, maisons comprises, vendues aux enchères, emprisonnés puis guillotinés à Lyon ou fusillés à Feurs entre 1793 et 1794, pour ceux qui n’ avaient pas pu fuir à l’ étranger. L’édifice est entièrement dévasté, transformé en écurie ou dépôt au rez-de-chaussée, tandis que l’on construit à hauteur des frises un plancher grossier pour servir de grange, sort d’ ailleurs commun à plusieurs églises de Montbrison. Dans une certaine mesure, cette transformation a pu préserver le plafond armorié des intempéries et de la ruine!

Sauvetage du monument et création de la Société Historique et Archéologique du Forez en 1862
Passant de mains en mains, l’édifice attire l’ attention de plusieurs érudits locaux qui vers 1860 en informent le Duc de Persigny, ministre de Napoléon III et forézien d’ origine. Celui-ci aida tout d’ abord à racheter le bâtiment en 1862 pour 6.000 francs-or, puis fit voter d’importantes subventions en vue d’abriter dans les locaux une société historique qui prendrait le nom de la Diana.
Les travaux, à la façon Viollet-le-Duc, mais non sous sa direction, furent exécutés entre 1863 et 1865, et aboutirent à l’ édification des façades Est et Ouest traitées en pierres et style néo-gothique, la cheminée intérieure et les vitrines de la bibliothèque qui devait abriter tous les livres, ouvrages ou documents parus sur l’ histoire de la province de Forez et en constituer la mémoire, selon son fondateur.

Ce rôle depuis ce mois d’août 1862 avec 230 membres à l’ origine, a bien été joué par la Société Historique et Archéologique du Forez « La Diana ». En même temps on crée le bulletin de la Société, on constitue les bibliothèques, les échanges de publications avec d’ autres sociétés historiques et archéologiques françaises, puis inaugure le musée archéologique en 1884…, beaucoup de chemin parcouru depuis, avec aujourd’hui plus de 1100 membres, plus de 30.000 volumes dans ses bibliothèques, de nombreuses archives, et un musée archéologique ayant un laboratoire d’ études aujourd’hui d’ audience scientifique et un service pédagogique.
Parallèlement la Diana a pu mener à une époque où l’opinion était moins sensibilisée une œuvre de sauvegarde et protection des monuments anciens du Forez. Le plus beau fleuron du patrimoine de la Diana est le château de la Bâtie d’Urfé, acquis au bord de la ruine en 1912 et restauré depuis grâce à une convention conclue avec le Conseil Général de la Loire. Il faut y ajouter les travaux de restauration et chantiers d’été de Couzan, forteresse féodale; la restauration de la chapelle de Baffie à Saint-Germain-Laval, le sauvetage de la Commanderie de Montbrison …